Mardi septembre 17th 2019

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Citations Henri Focillon

 

« L’outil en soi n’est pas moins remarquable que l’usage auquel on le destine, il est à lui seul valeur et résultat. Il est là, séparé du reste de l’univers, inédit. Si le bord d’une mince coquille possède un fil aussi coupant que le couteau de pierre, ce dernier n’a pas été ramassé au hasard sur quelque plage, il peut être dit l’œuvre d’un dieu nouveau, l’œuvre et le prolongement de ses mains. Entre la main et l’outil commence une amitié qui n’aura pas de fin. L’une communique à l’autre sa chaleur vivante et le façonne perpétuellement. Neuf, l’outil n’est pas fait, il faut que s’établisse entre lui et les doigts qui le tiennent cet accord né d’une possession progressive, de gestes légers et combinés, d’habitudes mutuelles et même d’une certaine usure. Alors l’instrument inerte devient quelque chose qui vit. »

Henri Focillon, Eloges de la main, 1934

 

« Quelle que soit la puissance réceptive et inventive de l’esprit, elle n’aboutit qu’à un tumulte intérieur sans le concours de la main. »

Henri Focillon, Eloges de la main, 1934

 

« L’art se fait avec les mains. Elles sont l’instrument de la création, mais d’abord l’organe de la connaissance. »

Henri Focillon, Eloges de la main, 1934

 

« La curiosité de l’enfance, l’artiste en prolonge le privilège bien au-delà des limites de cet âge. Il touche, il palpe, il suppute le poids, il mesure l’espace, il modèle la fluidité de l’air pour y préfigurer la forme, il caresse l’écorce de toute chose, et c’est du langage du toucher qu’il compose le langage de la vue. »

Henri Focillon, Eloges de la main, 1934

 

« Nous bûcherons, modeleurs, peintres de la figure de l’homme et de la figure de la terre, nous restons les amis de la noble pesanteur : ce qui lutte d’émulation avec elle, ce n’est pas la voix, ce n’est pas le chant, c’est la main. »

Henri Focillon, Eloges de la main, 1934

 

« L’art commence par transmutation et continue par la métamorphose. Il n’est pas le vocabulaire de l’homme parlant à Dieu, mais le renouveau perpétuel de la Création. Il est invention de matières en même temps qu’il est invention de formes. Il se construit une physique et une minéralogie. Il enfonce les mains dans les entrailles des choses pour leur donner la figure qui lui plaît. Il est d’abord artisan et alchimiste. Il besogne en tablier de cuir, comme un forgeron. Il a les paumes noires et déchirées, à force de se mesurer avec ce qui pèse et ce qui brûle. »

Henri Focillon, Eloges de la main, 1934

 

« L’artiste qui coupe son bois, bat son métal, pétrit son argile, taille son bloc de pierre maintient jusqu’à nous un passé de l’homme, un homme ancien, sans lequel nous ne serions pas. »

Henri Focillon, Eloges de la main, 1934

 

« Dans l’atelier d’un artiste sont partout écrites les tentatives, les expériences, les divinations de la main, les mémoires séculaires d’une race humaine qui n’a pas oublié le privilège de manier. »

Henri Focillon, Eloges de la main, 1934

 

« La main semble bondir en liberté et se délecter de son adresse : elle exploite avec une sécurité inouïe les ressources d’une longue science, mais elle exploite aussi cet imprévisible, qui est en dehors du champ de l’esprit, l’accident. »

Henri Focillon, Eloges de la main, 1934

 

« La main n’est pas la serve docile de l’esprit, elle cherche, elle s’ingénie pour lui, elle chemine à travers toute sorte d’aventures, elle tente sa chance. »

Henri Focillon, Eloges de la main, 1934

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