Vendredi octobre 20th 2017

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Origine et histoire de l’expression ‘une image d’Epinal’

Les fameuses Images d'Epinal

Origine et histoire de l’expression ‘une image d’Epinal’

L’image d’Epinal

« C’est une image d’Epinal », entend-on dire parfois, devant une situation décrite comme particulièrement idyllique. Plus précisément, on parle d’image d’Epinal quand on juge qu’un événement ou des personnes sont évoqués de façon excessivement positive et, par conséquent, trompeuse. Mais comment des images qui ont fait la joie des enfants pendant des décennies en sont-elles arrivées à qualifier une situation d’excès et de mensonge ?

L’image d’Epinal dans le langage courant

On dit, en effet, d’une chose que c’est une « image d’Epinal » quand on lui reproche de vouloir donner une représentation idéalisée de la réalité. Autrement dit, les images d’Epinal sont proches, dans leur interprétation morale, des contes de fées et, dans ce sens, des illustrations de certains livres enfantins, où la réalité est représentée de façon simplifiée, voire édulcorée. Le terme d’image d’Epinal, au sens figuré, évoque donc un écart considérable entre l’image et la réalité, comme si on prenait le spectateur ou l’auditeur pour un enfant, mais de façon si flagrante qu’il ne peut s’y tromper.

L’imagerie d’Epinal, origines et histoire

A l’origine, les images d’Epinal sont des estampes colorées, conçues, sous la Révolution, dans la ville du même nom, par l’imprimeur Jean-Charles Pellerin. Initialement, l’histoire constitue un thème de prédilection de ces reproductions en série, qui illustrent les épisodes les plus glorieux dela Révolution, ou représentent la famille Bonaparte sous son meilleur jour. Si, initialement, les images d’Epinal se rattachent à la tradition de l’imagerie populaire, destinée aux habitants illettrés des campagnes, elles se spécialisent rapidement pour un public enfantin, sous forme de bons points ou de devinettes.

De la tradition à l’expression

Les images d’Epinal s’adressent donc aux enfants et aux adultes qui n’ont pas eu la chance d’aller à l’école, d’où leur aspect naïf et leur abord facile. En interprétant la réalité sous l’angle d’un parti pris de bonheur et de perfection morale, elles ont, aussi, un but éducatif. Comme le dit le Pangloss de Voltaire, cherchant à persuader Candide que le malheur n’existe pas : « Tout va bien dans le meilleur des mondes »… Pourtant, si les images d’Epinal invitent à ne voir que le bon côté des choses, ne possèdent-elles pas, souvent, un sens caché, comme ces devinettes qu’elles proposaient aux enfants, les incitant à chercher un objet dissimulé dans le dessin ? « Ne me prenez pas au pied de la lettre », semblent-elles presque dire d’elles-mêmes… « Regardez-moi bien, car les choses ne sont pas exactement comme on le voudrait ! ».

FB pour SavoiretCulture.com

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