Mardi avril 23rd 2019

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Citations de Edmond Goblot

« Rien n’est plus apparent que la richesse. Elle produit une sorte de grossissement de la personnalité : ce sont les yeux d’autrui qui nous ruinent. »

Edmond Goblot, La barrière et le niveau. Etude sociologique sur la bourgeoisie, 1925

« S’il y a une relation entre les classes et la richesse, il s’en faut de beaucoup que la distinction des classes se réduise à une question de richesse. Au contraire, la notion de classe est nécessaire pour donner un sens aux mots riche et pauvre. Est riche celui qui est plus riche qu’il n’est requis pour vivre comme on vit communément dans la classe à laquelle il appartient, c’est-à-dire celui qui a du superflu. Et pauvre celui qui manque du nécessaire. Mais le nécessaire et le superflu sont relatifs à la condition sociale. »

Edmond Goblot, La barrière et le niveau. Etude sociologique sur la bourgeoisie, 1925

« Les proverbes sont souvent des vérités impossibles à contester ; mais bonnes à dire tout de même, car on les méconnaîtrait si on ne les exprimait pas. On les méconnaît encore après les avoir exprimées. »

Edmond Goblot, La barrière et le niveau. Etude sociologique sur la bourgeoisie, 1925

« Cette défaveur qui s’attache au travail manuel et au travail commandé n’est d’ailleurs pas un trait caractéristique de la bourgeoisie française moderne ; il se rencontre partout où il y a des castes ou des classes. Toute supériorité de rang social se traduit et s’exprime par le pouvoir de se faire servir, et cela moins pour s’éviter de la peine que pour marquer son rang : car il faut qu’il soit reconnaissable, et, s’il se peut, au premier coup d’œil. »

Edmond Goblot, La barrière et le niveau. Etude sociologique sur la bourgeoisie, 1925

« L’un des caractères les plus frappants du phénomène de la mode est sa domination. Nous ne sommes pas du tout libres de nous habiller comme il nous plait. Cette contrainte que le milieu social exerce sur l’individu, sans aucune intervention d’autorité coercitive, cette nécessité de se soumettre au jugement d’autrui […] règle les détails les plus minutieux de notre vêtement avec une exigence plus tyrannique qu’elle ne règle les actions de notre vie. »

Edmond Goblot, La barrière et le niveau. Etude sociologique sur la bourgeoisie, 1925

« Le jugement de mode est impérieux parce qu’il est perpétuel ; le jugement de moralité l’est moins parce qu’il est intermittent. »

Edmond Goblot, La barrière et le niveau. Etude sociologique sur la bourgeoisie, 1925

« Le ridicule est plus difficile à affronter que le mépris ; la mode est plus exigeante que l’honneur ; la futilité de ses exigences n’ôte rien à la nécessité de les subir. »

Edmond Goblot, La barrière et le niveau. Etude sociologique sur la bourgeoisie, 1925

« La mode, envisagée par son côté esthétique, exige l’invention et ne souffre ni la copie ni l’imitation servile. Mais en tant que forme de solidarité sociale, elle impose l’uniformité. »

Edmond Goblot, La barrière et le niveau. Etude sociologique sur la bourgeoisie, 1925

« La politesse bourgeoise n’est ni la vraie moralité, ni pourtant une affection hypocrite de moralité. »

Edmond Goblot, La barrière et le niveau. Etude sociologique sur la bourgeoisie, 1925

« Une classe qui n’a pas de privilèges et n’existe que dans l’opinion et les mœurs, peut réussir à se considérer elle-même et à se faire considérer comme supérieure tant que personne ne se demande en quoi consiste sa supériorité. Cette absence de critique lui permet de naître et de durer. »

Edmond Goblot, La barrière et le niveau. Etude sociologique sur la bourgeoisie, 1925

Voir aussi: Les citations d’Emile Durhkeim

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