Samedi octobre 24th 2020

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Citations Alexis de Tocqueville

« S’il nous étaient possible de remonter jusqu’aux éléments des sociétés et d’examiner les premiers monuments de leur Histoire, je ne doute pas que nous ne pussions y découvrir la cause première des préjugés, des habitudes, des passions dominantes, de tout ce qui compose enfin ce qu’on appelle le caractère national ; il nous arriverait d’y rencontrer l’explication d’usages qui, aujourd’hui, paraissent contraires aux mœurs régnantes ; de lois qui semblent en opposition avec les principes reconnus ; d’opinions incohérentes qui se rencontrent çà et là dans la société, comme ces fragments de chaînes brisées qu’on voit prendre encore quelquefois aux voûtes d’un vieil édifice, et qui ne soutient plus rien. Ainsi s’expliquerait la destinée de certains peuple qu’une force inconnue semble entraîner vers un but qu’eux-mêmes ignorent. Mais jusqu’ici les faits ont manqué à une pareille étude ; l’esprit d’analyse n’est venu aux nations qu’à mesure qu’elles vieillissaient, et lorsqu’elles ont enfin songé à contempler leur berceau, le temps l’avait déjà enveloppé d’un nuage, l’ignorance et l’orgueil l’avaient environné de fables, derrière lesquelles se cachait la vérité. »

Alexis de Tocqueville, De la démocratie en Amérique, 1835-1840

« L’état social des Américains est éminemment démocratique. Ce n’est pas qu’aux Etats-Unis comme ailleurs il n’a ait des riches ; je ne connais même pas de pays où l’on professe un mépris plus profond pour la théorie de l’égalité permanente des biens. Mais la fortune y circule avec une incroyable rapidité, et l’expérience apprend qu’il est rare de voir deux générations en recueillir les faveurs. »

Alexis de Tocqueville, De la démocratie en Amérique, 1835-1840

« L’élévation lente et progressive des salaires est une des lois générales qui régissent les sociétés démocratiques. A mesure que les conditions deviennent plus égales, les salaires s’élèvent, et, à mesure que les salaires sont plus hauts, les conditions deviennent plus égales. »

Alexis de Tocqueville, De la démocratie en Amérique, 1835-1840

« Je ne pense qu’il n’y a pas, dans le monde civilisé, de pays ou l’on s’occupe moins de philosophie qu’aux Etats-Unis. »

Alexis de Tocqueville, De la démocratie en Amérique, 1835-1840

« Les Américains n’ont point d’école philosophique qui leur soit propre, et ils s’inquiètent fort peu de toutes celles qui divisent l’Europe ; ils en savent à peine les noms. »

Alexis de Tocqueville, De la démocratie en Amérique, 1835-1840

« Il est facile de voir cependant que presque tous les habitants des Etats-Unis dirigent leur esprit de la même manière, et le conduisent d’après les mêmes règles ; c’est-à-dire qu’ils possèdent, sans qu’ils se soient jamais donné la peine d’en définir les règles, une certaine méthode philosophique qui leur est commune à tous. »

Alexis de Tocqueville, De la démocratie en Amérique, 1835-1840

« Échapper à l’esprit de système, au joug des habitudes, aux maximes de famille, aux opinions de classe, et, jusqu’à un certain point, aux préjugés de nation ; ne prendre la tradition que comme un renseignement, et les faits présents que comme une utile étude pour faire autrement et mieux ; chercher par soi-même et en soi seul la raison des choses, tendre au résultat sans se laisser enchaîner au moyen, et viser au fond à travers la forme : tels sont les principaux traits qui caractérisent ce que j’appellerai la méthode philosophique des Américains. »

Alexis de Tocqueville, De la démocratie en Amérique, 1835-1840

« L’Amérique est donc l’un des pays du monde où l’on étudie le moins et où l’on suit le mieux les préceptes de Descartes. Cela ne doit pas surprendre. »

Alexis de Tocqueville, De la démocratie en Amérique, 1835-1840

« Aux Etats-Unis, la majorité se charge de fournir aux individus une foule d’opinions toutes faites, et les soulage ainsi de l’obligation de s’en former qui leur soient propres. Il y a un grand nombre de théories en matière de philosophie, de morale ou de politique, que chacun y adopte ainsi sans examen sur la foi du public ; et, si l’on regarde de très prés, on verra que la religion elle-même y règne bien moins comme doctrine révélée que comme opinion commune. »

Alexis de Tocqueville, De la démocratie en Amérique, 1835-1840

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2 Responses to “Citations Alexis de Tocqueville”

  1. [...] comme inévitable semble insupportable dès qu’on conçoit l’idée de s’y soustraire. Alexis de Tocqueville (L’ancien régime et la révolution, [...]

  2. [...] comme inévitable semble insupportable dès qu’on conçoit l’idée de s’y soustraire. Alexis de Tocqueville (L’ancien régime et la révolution, [...]

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