Vendredi mai 24th 2019

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Jean de la Bruyère: Les Caractères « De la société et de la conversation »,9

Jean de la Bruyère, propose un contreportrait de l’honnête homme. Le modèle mondain du XVIIe siècle est basé sur la discrétion et à la courtoisie, Arrias à l’inverse oppose une pédanterie tapageuse et une impolitesse à toute épreuve. Jusqu’au moment où il se retrouve pris à son propre piège…

« Arrias »

Jean de la Bruyère, Les Caractères, « De la société et de la conversation »,9 ,1688

Arrias tout lu, a tout vu, il veut le persuader ainsi ; c’est un homme universel, et il se donne pour tel : il aime mieux mentir que de se taire ou de paraître ignorer quelque chose. On parle à la table d’un grand d’une cour du Nord : il prend la parole, et l’ôte à ceux qui allaient dire ce qu’ils en savent ; il s’oriente dans cette région lointaine comme s’il en était originaire ; il discourt des mœurs de cette cour, des femmes du pays, de ses lois et de ses coutumes ; il récite des historiettes1 qui y sont arrivées ; il les trouve plaisantes, et il en rit le premier jusqu’à éclater. Quelqu’un se hasarde de le contredire, et lui prouve nettement qu’il dit des choses qui ne sont pas vraies. Arrias ne se trouble point, prend feu au contraire contre l’interrupteur : « Je n’avance, lui dit-il, je ne raconte rien que je ne sache d’original2 : je l’ai appris de Sethon, ambassadeur de France dans cette cour, revenu à Paris depuis quelques jours, que je connais familièrement, que j’ai fort interrogé, et qui ne m’a caché aucune circonstance ». Il reprenait le fil de sa narration avec plus de confiance qu’il ne l’avait commencée, lorsque l’un des conviés lui dit : « C’est Sethon à qui vous parlez, lui-même, et qui arrive de son ambassade. »

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One Response to “Jean de la Bruyère: Les Caractères « De la société et de la conversation »,9”

  1. Rosia dit :

    Je trouve que le résumé de l’extrait du texte est exellent et je n’aurai moi-même pas trouvé mieux ! Bravo !

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