Samedi décembre 15th 2018

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Citations Hippolyte Taine

 

Hippolyte Taine 1828-1893

« 61 Citations de Hippolyte Taine »

Florilèges citations d’Hippolyte Taine (1828-1893) critique français, philosophe et historien. Il essaya d’expliquer par la triple influence du milieu, de la race et du temps les œuvres artistiques ainsi que les faits historiques (Origines de la France contemporaine 1875-1894) et littéraires (Essai sur La Fontaine et ses Fables 1853-1861). Il sera élu à l’Académie française en 1878.

« On peut considérer l’homme comme un animal d’espèce supérieure, qui produit des philosophies et des poèmes à peu près comme les vers à soie font leurs cocons, et comme les abeilles font leurs ruches. »

Hippolyte Taine, La Fontaine et ses Fables, Préface, 1861

« Je voudrais, pour parler de La Fontaine, faire comme lui quand il allait à l’Académie, prendre le plus long. Ce chemin-là lui a toujours plus agréé que les autres. […] Laissez- nous prendre comme lui le chemin des écoliers et des philosophes, raisonner à son endroit comme il faisait à l’endroit de ses bêtes, alléguer l’histoire et le reste. C’est le plus long si vous voulez: au demeurant, c’est peut-être le plus court. »

Hippolyte Taine, La Fontaine et ses Fables, Part.1, Chap.I, 1861

« L’air et les aliments font le corps à la longue; le climat, son degré et ses contrastes produisent les sensations habituelles, et à la fin la sensibilité définitive: c’est là tout l’homme, esprit et corps, en sorte que tout l’homme prend et garde l’empreinte du sol et du ciel; on s’en aperçoit en regardant les autres animaux, qui changent en même temps que lui, et par les mêmes causes; un cheval de Hollande est aussi peu semblable à un cheval de Provence qu’un homme d’Amsterdam à un homme de Marseille. Je crois même que l’homme, ayant plus de facilités, reçoit des impressions plus profondes; le dehors entre en lui davantage, parce que les portes chez lui sont plus nombreuses. »

Hippolyte Taine, La Fontaine et ses Fables, Part.1, Chap.I, 1861

« L’esprit reproduit la nature; les objets et la poésie du dehors deviennent les images et la poésie du dedans. Il ne faut pas trop se hasarder en conjectures, mais enfin c’est parce qu’il y a une France, ce me semble, qu’il y a eu un La Fontaine et des Français. »

Hippolyte Taine, La Fontaine et ses Fables, Part.1, Chap.I, 1861

« Y a-t-il au monde quelque chose de plus délicatement gracieux que les vers amoureux de Guillaume de Lorris? L’allégorie y enveloppe les idées pour leur ôter leur trop grand jour; des figures idéales à demi transparentes flottent autour de l’amant, lumineuses quoique dans un nuage, et le mènent parmi toutes les douceurs des sentiment nuancés jusqu’à la rose dont – la suavité replenist toute la plaine. »

Hippolyte Taine, La Fontaine et ses Fables, Part.1, Chap.I, 1861

« Les fabliaux sont remplis de vérités sur l’homme et encore plus sur la femme, sur les basses conditions et encore plus sur les hautes; c’est une manière de philosopher à la dérobée et hardiment, en dépit des conventions et contre les puissances. »

Hippolyte Taine, La Fontaine et ses Fables, Part.1, Chap.I, 1861

En parlant de La Fontaine et de ses Fables : « Ses Fables effacent ou atténuent ce qu’il y a d’odieux et de malheureux dans le monde. Il voit la laideur aussi nettement que personne, et la marque, mais il ne s’y arrête pas. Il peint la cour comme La Bruyère; mais, au lieu d’entrer dans l’indignation, il tourne prestement du côté de la bonne humeur. Un petit mot glissé en passant change à l’instant l’accent du récit. L’enjouement remplace l’amertume. Il rit au milieu même de son émotion; ses personnages plaisantent de leur propre infortune. Il ressemble à la vive et matinale alouette «qui chante encore, quoique près du tombeau.» Il s’amuse de tout, même de ses misères, même des nôtres. Sa fable est une mascarade, et ce simple déguisement des gens en bêtes égaye tout sujet, fût-il lugubre. »

Hippolyte Taine, La Fontaine et ses Fables, Part.1, Chap.II, 1861

« Nous mangeons, nous dormons, nous songeons à gagner un peu de considération et d’argent; nous nous amusons platement, notre train de vie est tout mesquin, quand il n’est pas animal; arrivés au terme, si nous repassions en esprit toutes nos journées, combien en trouverions-nous où nous ayons eu pendant une heure, pendant une minute, le sentiment du divin? Et ce sont pourtant ces heures si clairsemées qui donnent un prix à notre vie. Une grosse toile vulgaire, uniforme, sur laquelle de loin en loin on aperçoit une belle fleur délicatement peinte, voilà l’image de notre condition; celui-là seul est à envier qui peut montrer sur sa trame beaucoup de fleurs pareilles. »

Hippolyte Taine, La Fontaine et ses Fables, Part.1, Chap.II, 1861

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